Equipes Spécialisées |
La notion de sécurité civile découle de l’histoire des secours en France, elle-même issue de la réponse pragmatique apportée aux nouveaux risques. Elle a évolué en fonction des attentes sans cesse accrues des citoyens quant à leur sécurité. Depuis la Seconde guerre mondiale, l’émergence de risques majeurs et le développement de moyens complexes de prévention et de secours ont cependant amené une montée en puissance des équipes spécialisées. A partir de 1944, la Sécurité Civile confiée au ministère de l’intérieur a pris en charge la préparation des dispositifs de prévention des risques et d’organisation des secours, le « sauvetage déblaiement » était né. Aujourd’hui la loi du 30 juillet 2003 en matière de prévention des risques naturels, notamment en matière de glissement de terrain, d’effondrement ou d’écroulement rocheux, de séisme prévoit : - De maîtriser le risque en travaillant en amont des zones urbanisées, tout en respectant le milieu naturel afin de lutter contre l’érosion des sols.
- De développer la conscience du risque auprès des populations les plus exposées (en mentionnant le risque lors d’une vente ou d’une location d’habitation)
- De réduire la vulnérabilité des personnes situées dans les zones urbaines par des travaux de prévention des risques naturels. L’histoire nous rappelle les catastrophes et leurs conséquences lors de mouvement de terrain. En Savoie : 1248 Effondrement du Granier, la commune de St André est ensevelie avec d’autres hameaux, plusieurs milliers de morts. 1877 Ecroulements du Bec Rouge au-dessus du hameau du Miroir à Ste Foy Tarentaise sous forme d’avalanches successives de terre, de cailloux et de rocs. 1931 Glissement du Châtelard, un territoire de 40 Ha, représentant un volume de 6 millions de m3, se détache en coulée boueuse pour parcourir 1,800 km à la porte de la commune. 1943 Coulée de Bellevaux, 2 millions de m3 s’étendent sur 2,500 km à raison de 200 m par jour. 1965 Coulée de boue à Pontamafrey, 3 millions de m3 qui obstruèrent partiellement la vallée de l’Arc et coupèrent la RN6 et la voie ferrée. 1975 Sauvetage d’un ouvrier enseveli dans une tranchée. 1982 Un versant de la montagne du Friolin, à l’extrémité du massif de Bellecôte, descendit de plus de 50 m en quelques années déplaçant plus de 10 millions de m3. 1987 Coulée de boue à Modane qui envahit la ville, 6 millions d’euros de dégâts. 1995 Chutes de neige importantes 30 000 personnes hébergées en urgence, avalanche de Peisey Nancroix, 12 chalets recouverts et 12 personnes ensevelies, dégagées saines et sauves. Tremblement de terre à Chambéry : 3.3 sur l’échelle de Richter. 1996 Tremblement de terre à Epagny (74), 5.2 sur l’échelle de Richter. 1998 Sauvetage d’un enfant dans une tranchée à Belley (01), renfort de la Savoie. 2003 Feu de château à Méry suivi d’effondrement, 1 mort, 2 blessés, plusieurs heures de dégagement. 2003 Coulée de boue à Peisey-Nancroix : 150 randonneurs bloqués dans un refuge et la Départementale 87 coupée à la circulation.
2005 Importantes précipitations en Isère, provoquant des effondrements de structures (ponts, routes).Coulée de boue et de roches. Effondrement de masse à proximité d’habitations
En Savoie l’équipe spécialisée en Sauvetage-Déblaiement est confrontée à de nombreux risques au niveau « industriel » avec les possibilités d’explosion d’usine, de gaz en habitation, les effondrements de structures bâtimentaires à la suite d’incendie ; au niveau naturel avec les situations de coulées de boue, d’effondrements, d’écroulements rocheux, d’avalanches et de séismes, à ce titre le SDACR (Schéma Départemental d’Analyse et de Couvertures des Risques), prend en compte 2 secteurs pour la Savoie.
Z1A : sismicité très faible mais non négligeable pour la Haute Maurienne, le parc de la Vanoise, soit 39 communes.
Z1B : sismicité faible pour la Maurienne, la Tarentaise, le Val d’Arly, l’arrondissement de Chambéry soit 266 communes. L’équipe départementale de la Savoie est composée de 52 sapeurs-pompiers, d’un responsable départemental (SDE3), de 2 chefs de section (SDE3), 10 chefs d’unité (SDE2), 39 équipiers (SDE1). Leur formation continue s’effectue chaque année en deux jours complets, avec manœuvre de nuit, la situation est celle d’un sinistre d’ampleur où les techniques de recherche et de localisation de victimes, de déblaiement, de percement et de sauvetage en décombres sont mises en œuvres. Le thème de l’année 2005 était celui d’une explosion d’usine avec de nombreux ouvriers ensevelis et piégés par les décombres. Dans le cadre des sauvetages, nos moyens se voient renforcés par l’intervention des équipes cynotechniques pour la partie recherche de victimes et par l’équipe « GMSP » pour la partie risques en hauteur. En situation de crise majeure, les renforts se structurent au niveau de la zone et les départements limitrophes sont engagés par le COZ (Centre Opérationnel Zonal), des exercices interdépartementaux sont organisés chaque année, février 2004 : engagement en Haute-Savoie d’un détachement pour un exercice tremblement de terre avec des zones urbaines et rurales touchées par la secousse ; en novembre 2005, une Unité SD (11 personnes) est engagée pour un exercice dans les Pyrénées-Orientales où un séisme vient de se produire générant d’importants dégâts aux habitations sur un secteur étendu. L’unité de Sauvetage Déblaiement, pour remplir ces missions, regroupe dans une berce sur porteur un matériel spécifique, stationnée au CSP Chambéry. Ce matériel se présente en différentes catégories : - La recherche : Deux valises de dispositif d’écoute type ASB8. (Ecoute des sons produits par des victimes ensevelies mais vivantes). - La mise en sécurité du site : Objectif : éviter le risque de sur-accident par un périmètre de sécurité là où la présence de victimes est confirmée. Cette mise en place demande une analyse préalable des efforts structurels (cisaillement, torsion, compression, flambage…) et une stabilisation des éléments fragilisés. - Le déblaiement s’effectue à l’aide de perforateurs électriques de tailles différentes qui permettent de réaliser des « ouvertures » dans les murs et planchers effondrés, les gravats sont évacués à l’aide de petites pelles, de seaux de chantier. Ces « ouvertures » sont systématiquement consolidées par des étais métalliques ou bois. Cette partie constitue la phase la plus délicate et la plus longue pour les sauveteurs-déblayeurs en raison des risques d’effondrements secondaires et de la masse de gravats à déplacer pour accéder aux victimes. - Les sauvetages des impliqués et des blessés réalisés par différentes techniques, chacune s’adaptant aux particularités des situations (extraction d’un trou au moyen d’une « chèvre légère », évacuation d’une façade à l’aide d’une poulie sur échelles…), l’objectif principal étant le « confort sanitaire » du blessé. Pour 2006, les objectifs de l’équipe SD sont nombreux et porteurs d’évolution quant à la capacité d’adaptation des sapeurs-pompiers. Dans un premier temps, la formation continue portera sur le risque des chantiers, avec un ouvrier enseveli dans une tranchée, et sur le risque naturel avec les coulées de boue provoquant des atteintes aux structures bâtimentaires. Dans un deuxième temps, nous présenterons le bilan des matériels nécessaires pour la mise en conformité avec le GNR (Guide National de Référence) telle qu’une caméra télescopique pour la localisation des victimes, mais aussi du matériel logistique pour les besoins des opérations de longue durée et du matériel de première intervention permettant de réaliser en toute sécurité les actions de sauvegarde en présence de risque d’effondrement. La troisième action sera l’analyse de l’impact pour l’équipe de Sauvetage Déblaiement du plan séisme présenté ce 21/11/05 par Madame la Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable, ce plan précise que notre société est plus vulnérable qu’au XIX siècle, tant au niveau humain que financier, pour répondre à ce risque majeur, le gouvernement engage sur 6 ans un programme de prévention du risque sismique. Cette prévention prévoit la contribution de tous les acteurs, un nouveau zonage réglementaire de l’aléa sismique (actuellement le zonage en vigueur est celui précisé par le Décret du 14/05/91) et l’articulation d’un plan séisme autour de 4 axes prioritaires : Approfondir la connaissance scientifique de l’aléa, du risque et de mieux informer sur celui-ci ; Améliorer la prise en compte du risque sismique dans la construction ; Concerter, coopérer et communiquer ; Contribuer à la prévention du risque tsunami. La dernière action est celle réalisée aux quotidiens par les sapeurs-pompiers sauveteurs déblayeurs pour leur entraînement personnel afin d’être toujours prêts à intervenir sur ces opérations d’ampleur qui mobilisent des moyens importants. Sources : Capitaine Marc DEVIME et Lieutenant Denis STENTZY
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